sisif logo numărul 30
1 octombrie 2011
ISSN: 1842-0834
Revistă electronică de cultură, fondată la Craiova în noiembrie 2002
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Articole  >  portretul poemului la tinereţe
Poeme
Evelyne Sinnassamy


**

 

Il pleuvait sur Paris

Et la Seine était grise

Comme un pigeon malade

 

 

Conte à l’envers

 

Quand un beau capitaine

Ramènerait d’Orient

Trois navires chargés d’or

Et deux de perles fines

Et les bijoux des reines

Pour m’en faire cadeaux

 

J’en aurais moins de joie

O mon beau capitaine

Que d’une chaîne de coquillages

 

Où je me sois piqué les doigts

 

 

Petite chanson

 

Une jeune fille de paille tendre

Avec des yeux de marais

Un jeune homme sans moisson

Avec des mains de faucheur

 

Mais les marais sont profondes

Sous les pas des audacieux

Pour séduire les nénuphars

Il faut beaucoup de patience

 

Un jeune homme sans moisson

Noyé dans des yeux d’eau froide

Une jeune fille de paille tendre

Qui s’enfuit sur les chemins

 

Un jeune homme chez les morts

Une jeune fille de paille sèche

 


 La plage

 

Sur la plage neptunienne

Où j’enterre ma tristesse

Les yeux de mon amant

Sont deux lacs menteurs

Où flottent

Des larges nymphéas

Que je ne cueille pas

Et ne veux pas cueillir

            De peur de me noyer.

Mais le cancer bleu de ma mémoire

Ronge mes jours présents

Je noie en vain mes souvenirs

Et ma tristesse ne meurt point

Et les lacs ne sont pas taris

 

            Sur la plage neptunienne

Les lions viennent encor boire…

 


Poussière

 

Les mots de poussière

Coulent doucement

Au creux de la mémoire

Et laissent

Dans ma bouche

Un goût de cendre

Un arrière-goût du passé

Et le passé n’est plus

 

Les mots de poussière

Sont des souvenirs morts

Et le passé me brise

            Mais je suis vivante

Désespérément vivante

            Bizarrement vivante

                        Sous la Poussière.

 

 

Rêve  du 20 au 21

 

Je suis

Douce comme un poisson lisse

Et les tendres étoiles

Glissent sur mon corps brillant

Et mes cheveux sont algues

Où passe le chant de la mer

Le chant d’un coquillage

Pleure

En larmes vertes

A mes oreilles

Je me retourne

Dans la vague

 

Mais l’écume n’est qu’un drap

blanc.

 

 

**

 

Le ciel semé d’oiseaux

Ne fleurit que Nuages

La pluie est le blé du ciel

 

 

C’était il y longtemps

C’était hier soir

 

Nous avons parlé sans cesse

Dans le café aux grands miroirs

Buvant des liqueurs pâles

Et l’alcool de nos souvenirs

 

La rue battait les vitres

Visages visages entr’aperçus

Notre jeunesse poussa la porte

Belle comme une inconnue

 

Mais le reflux l’emporta

La rue roulait des visages

Sans regard et sans mémoire

Où courait donc notre jeunesse

 

L’ivresse la contrefaisait

Dans le café aux grands miroirs

 

 

Un soir à Paris sous la pluie

C’était presque le printemps

T’en souviens-tu

Nous flânions dans les rues

Le visage mouillé

 

Nous avons bu un grog bouillant

En face du musée de Cluny

De ses jardins fantastiques

De ses hautes murailles

 

Où la nuit se promène en secret

La dame à la Licorne

Auprès des lions de pierre

Et les petits lapins roulent

Sur les parquets

Une fleur entre les dents

 

La pluie glissait sur les vitres

Nous étions dans un bateau

Qui coulait

Aux hublots ruisselants

Nous cherchions les sirènes

 

 

Acer griseum

 

Comme le serpent

Il change de peau

 

Mais il ne s’enfuit pas

 

Il s’ancre dans la terre

Et mesure les nuages

 

 

Acacia

 

Immobile

Mais ne vous y fiez pas

 

Il étend ses racines

Sous vos pieds

 

Il parle avec le vent

Au-dessus de vos têtes

 

Ses épines

Ne sont pas ses seules armes

 


Chêne vert

 

Architecte patient

L’arbre invente

 

Textures

Formes et couleurs

 

Pour enclore

 

Le temps qui passe

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